Avril 2024
Philosophie Magazine #178
Philomag vous propose chaque semaine une sélection d’articles parus dans la presse française et étrangère. Des articles qui nous ont surpris, questionnés, dérangés. L’occasion de découvrir de nouveaux points de vue sur le monde et les événements qui font l’actualité.
Au programme, cette semaine : un plaidoyer pour une démocratie des sentiments, une réflexion provocante sur l’extinction de l’humanité, un manifeste pour les sciences sociales, une méditation sur l’oubli du tragique et un éloge de l’égalité.
Pourquoi c’est intéressant ? Parce que Cantalamessa complexifie notre vision de la démocratie.
* « Imaginez qu’un énorme astéroïde se dirige vers la Terre, lequel, s’il frappait, supprimerait toute possibilité de vie sur Terre. Si vous avez le pouvoir de le détourner, devriez-vous le faire, d’un point de vue moral ? » La réponse à cette petite expérience de pensée semble évidemment « oui ». Pas si simple, rétorque le philosophe anglais Roger Crisp, dans un article provoquant publié dans le New Statesman (en anglais). « Il est également plausible que l’extinction soit bénéfique pour certains individus – ceux qui sont aux derniers stades d’une maladie terminale atroce, par exemple, dont la douleur ne peut plus être contrôlée par des médicaments. » Allons plus loin encore : « Considérez l’énorme quantité de souffrance que la poursuite de l’existence entraînera, non seulement pour les humains […] mais aussi pour les non-humains sensibles, qui sont beaucoup plus nombreux ». Que pèsent les « bonnes choses dans la vie des individus » face à l’« agonie » extrême que subissent d’innombrables formes de vies sur l’ensemble de la planète ? L’agonie n’est pas, sans doute, le lot de tous. Peut-être même est-ce seulement le sort d’une minorité. Mais que valent les bonheurs individuels face à l’atrocité de vie devenue proprement invivable ?
Pourquoi c’est à lire ? Parce que Crisp pose une question dérangeante et, sans « affirmer que l’extinction serait une bonne chose », souligne cependant qu’elle « pourrait l’être ».
Pourquoi c’est pertinent ? Parce que, pour dépasser les débats stériles qui gangrènent le travail universitaire, Lahire revient aux fondamentaux de la recherche en sciences sociales.
Pourquoi on vous le conseille ? Parce que Corbin met le doigt là où ça fait mal : « Apprendre à vivre avec ce que nous sommes, à la fois vivants et mourants, est […] une urgence civilisationnelle. »
Pourquoi c’est percutant ? Parce que Piketty bat en brèche quelques présupposés de l’économie libérale. A commencer par l’idée que l’inégalité serait un mal nécessaire.
La « déconstruction » est une notion philosophique qui fait l’objet de vifs débats, à la fois dans le monde universitaire et militant,…
Le rêve est-il un espace de liberté ? Soumis aux lois du monde social – et donc aux expériences que nous y vivons –, il serait plutôt, nuance le sociologue Bernard Lahire, l’espace d’expression « le moins soumis à la censure ». …
Analyse des termes du sujet « Faut-il » Est-il nécessaire ? Préférable ? Avons-nous l’obligation ? « choisir entre » Choix inclusif ou exclusif, préférer, hiérarchiser. « égalité » Égalité…
L’existence, c’est le fait d’être. Elle se distingue de l’essence qui désigne ce qu’une chose est. À l’exception de Dieu dont l’existence est éternelle, le propre de l’existence est d’être finie, limitée dans le temps. L’existence s…
Associée à la pensée désormais appelée « woke » et à la cancel culture, la « déconstruction » initiée par Jacques Derrida …
Pour Thomas Piketty, le poids du capital et du patrimoine dans l’économie tend à creuser les écarts entre les hommes de manière stable et durable…
À l’unanimité, la statue de Thomas Jefferson, l’un des Pères fondateurs des États-Unis, a été retirée du conseil municipal de New York. Pierre…
Alors que le clivage gauche-droite semble avoir laissé la place à une opposition entre le centre et les extrêmes, les causes de ce bouleversement…