Avril 2024
Philosophie Magazine #178
Philomag vous propose chaque semaine une sélection d’articles parus dans la presse française et étrangère. Des articles qui nous ont surpris, questionnés, dérangés. L’occasion de découvrir de nouveaux points de vue sur le monde et les événements qui font l’actualité.
Au programme, cette semaine : une exploration de l’éco-théologie musulmane, une petite anthropologie du vélo, un plaidoyer pour le collectif, une critique de la méritocratie, une remise en question du paradigme de la falsifiabilité en science, et une enquête sur la notion de réenchantement.
Pourquoi c’est étonnant ? Parce que l’on oppose souvent, schématiquement, la religion et les idéaux progressistes de protection de l’environnement. Bodetti prend le contrepied de ce préjugé, et montre que toutes les forces sociales ont leur rôle à jouer face à la crise climatique.
Pourquoi c’est pertinent ? Parce qu’à l’heure de la crise écologique, le vélo est une alternative de plus en plus valorisée par rapport aux moyens de transport polluant. L’urbanisme des villes doit s’adapter à ces évolutions.
Pourquoi c’est stimulant ? Parce que l’on entend trop souvent que nous vivons dans un monde totalement individualiste où chacun ne pense qu’à soi. Papineau souligne, au contraire, que notre vie sociale fait une place considérable à la coopération. Et affirme que nous devons cultiver notre sens du collectif pour affronter les crises à venir.
Pourquoi c’est intéressant ? Parce que Sandel montre que les idéaux les plus louables (en l’occurrence, récompenser ceux qui obtiennent des diplômes) possèdent toujours une face sombre – le mépris pour les moins qualifiés. Si l’égalité des chances est importante, elle n’est qu’une facette de l’égalité.
Pourquoi on vous le conseille ? Parce que la science occupe une place centrale dans le monde contemporain. La majorité d’entre nous ne comprendra jamais en profondeur les théories scientifiques actuelles et leurs développements mathématiques complexes. Cependant, cela ne nous empêche pas de réfléchir au travail des scientifiques, et de questionner l’idée même de scientificité.
Pourquoi c’est à lire ? Parce que Crawford propose une étude très documentée du réenchantement sous toutes ses formes, notamment apocalyptiques. Il souligne, aussi, la place grandissante, qu’occupe cette thématique dans la pensée écologique. Et pose une question volontairement dérangeante : le réenchantement est-il vraiment libérateur ? N’est-ce pas plutôt le désenchantement qui libère l’homme ?
Sur Twitter, Caroline de Haas a répondu vertement au Premier ministre Jean Castex qui avait déclaré début septembre : « Je dis aux femmes : n’hésitez pas à sortir de l’ombre et nous allons vous aider à vous reconstruire. » La militante féministe lui a objecté : « Monsieur le Premier ministre, les femmes victimes de violence sortent déjà de l’ombre. Elles parlent et portent plainte (ou essayent). Le problème : personne ne les écoute. Arrêtez de nous dire de parler. Écoutez-nous. » ◉ Dans une tribune parue dans le JDD le 5 septembre, Elisabeth Badinter refuse que la violence soit toujours attribuée aux hommes. Et fustige les « activistes néoféministes » coupables, selon elle, de faire « deux poids, deux mesures » lorsqu’il s’agit de violence : celle des hommes serait condamnable sans nuance, alors que celle des femmes trouverait toujours une excuse. « Évoquer la violence féminine est interdit », regrette-t-elle. ◉ La violence (féminine) peut être aussi verbale. Dans Le Monde des livres, l’écrivaine Camille Laurens n’est pas tendre avec Raphaël Enthoven, dont le premier roman, Le Temps gagné (Les Éditions de l'Observatoire, 2020), vient de paraître : « Raphaël Enthoven qui, contrairement à Marcel Proust, ne manque pas d’air, revendique le titre d’“honnête homme”. Il faudrait d’abord que le “p’tit bonhomme” dépasse le stade anal et trouve en lui quelque ébauche d’émotion. Ce n’est pas gagné. »
L’astrologie est-elle une science ? Pour le philosophe viennois Karl Popper, la réponse est non. Car, pour être scientifique, une théorie doit pouvoir être réfutée, contredite par l’expérience. L’astrologie, elle, a toujours raison… …
Le 4 mai 2010, alors qu’il prépare sa thèse sur « la question philosophique de la peine de mort », le doctorant Benoît Basse rencontre Robert…
Il y a aujourd’hui une « guerre souterraine » contre les Lumières, affirme la philosophe Élisabeth Badinter. Face aux menaces qui pèsent sur la tolérance, la laïcité et le droit des femmes, elle nous invite à nous replonger…
En France, les femmes travaillent… et font plus d’enfants que dans le reste de l’Europe. Si les philosophes Élisabeth Badinter et Claude Habib s’en félicitent, elles s’opposent sur l’essentiel. Pour l’une, les femmes doivent refuser la…
Dotées du pouvoir d’enfanter, les femmes ont longtemps été confinées par les hommes à la fonction maternelle. Grâce à la révolution du féminisme, elles sont en passe de conjuguer cette puissance vitale avec la…
Face au succès des théories du complot et du relativisme culturel, le remède se situe peut-être du côté d’un sociologue allemand du début du XXe siècle. C’est ce qu’explique Gérald Bronner, auteur de “La Démocratie des crédules”,…
Qu’est-ce que le pacifisme ? Ce terme ne désigne pas seulement la défense de la paix sur le plan théorique. Il a une dimension pratique qui…
En 1944, l’économiste Karl Polanyi pointait le processus libéral qui, au XIXe siècle, émancipa l’économie de tout contrôle étatique. Or la régulation de l’économie est aujourd’hui devenue impérieuse face aux menaces sur l…