Avril 2024
Philosophie Magazine #178
Philomag vous propose chaque semaine une sélection d’articles parus dans la presse française et étrangère. Des articles qui nous ont surpris, questionnés, dérangés. L’occasion de découvrir de nouveaux points de vue sur le monde et les événements qui font l’actualité.
Au programme, cette semaine : une réflexion sur la bonne position des blancs dans les mouvements antiracistes, une exploration de la vie affective et sensorielle des plantes, une analyse de la guerre des classes aujourd’hui, une méditation sur le bruit du monde, et une analyse de l’ambivalence fondamentale des politiques sécuritaires.
Pourquoi c’est intéressant ? Parce qu’il ne suffit pas de se sentir concerné par les luttes pour l’égalité : encore faut-il trouver la bonne posture pour ne pas y importer, insidieusement, de nouvelles dominations.
Pourquoi c’est passionnant ? Parce que Wohlleben, au fait des plus récentes découvertes en biologie végétale, donne à voir combien le règne végétal reste encore à explorer.
Pourquoi c’est à lire ? Parce que Chomsky, fidèle à son habitude, n’y va pas par quatre chemins: il faut nommer le problème sans détour pour le combattre.
* Le monde nous parle-t-il ? Dans une certaine mesure, note le philosophe indien Shaj Mohan dans ce long essai paru sur Philosophy World Democracy (en anglais). Toutes les choses du monde bruissent. « Le bruit de toutes choses est la plus forte de toutes les expériences. […] Cette certitude du bruit est détectée à chaque instant […] dès que l’on interrompt un instant les jeux de la voix. » Le monde est un « vacarme » de sons, de signes, qui s’entrechoquent. Mais le monde lui-même, nous parle-t-il ? Pas vraiment. « Il ne nous dit pas pourquoi. […] Ce qu’il nous dit, c’est qu’il est là et qu’il bouge ; il raconte, par le bruit, cette réalité qu’on ne peut lui enlever. » La philosophie, c’est précisément la parole qui se tient dans cet entre-deux entre l’omniprésence des sons et le silence du monde. « La philosophie n’est pas une méditation en silence du bruit. Au lieu de cela, elle parle pour inciter le bruit à parler », à dire ce qui se dissimule derrière son bruissement.
Pourquoi on vous le conseille ? Parce que, au fil de cette longue méditation poétique, Mohan déplie l’entrelacs complexe du son, du silence et du sens, qui constitue le tissu de notre existence.
Pourquoi c’est pertinent ? Parce que le thème de la sécurité, trop souvent jugé réactionnaire et conservateur, est un enjeu de justice sociale. À condition qu’il ne sombre pas dans l’excès.
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